Ils m’ont amené devant mes bourreaux.

Ils m’ont amené devant mes bourreaux. Au début, j’ai refusé. Puis ils ont dit que cela pourrait avoir un effet bénéfique sur moi. Mon être intérieur s’est mis à trembler, sans doute à la perspective de revivre la torture . Au fond de moi, j’ai peur. Mes bourreaux n’ont jamais eu conscience du mal, de la souffrance qu’ils m’ont infligé. Ils sont là devant moi bienheureux. Je dois les observer un à un, les regarder vivre, essayer de comprendre. Mais, il n’y a rien à comprendre. Je suis un étranger pour eux, quelqu’un à qui on ne prête pas attention. Maintenant, je les vois devant mes yeux : des monstres. Les monstres nous pouvons les toucher. Nous pouvons parfois les trouver beaux, voir un petit détail qui nous suggèrent qu’il y a de la bonté à
l’intérieur. Là, rien de tout ça. Pas de bonté qu’une haine malsaine, nauséabonde. Parfois j’aurai aimé les tuer. Mais je ne sais pas tenir un fusil, une arme. J’en suis bien incapable. Alors il faut vivre avec, tenter de les expulser, pardonner. Les cicatrices sont toujours vives et continuent de saigner. Ils sont là, devant moi, ils rient. Pourquoi en serait-il autrement ?

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